15.06.2007

Madeleine indigeste ou Marcel dans tous ses états

416ee351f05da598c8bef9a494e38a08.gifOn ne touche pas à Proust, c'est un fait. Hors de question de manifester du désinterêt pour son oeuvre. Proust est inattaquable. Sorte d'allégorie de la littérature française pendant des années, objet d'innombrables, au sens propre, études, Proust est au centre et nous gravitons autour, pauvres satellites admiratifs. Disséqué, inspecté, analysé, Proust semble pouvoir se réduire à la somme de ses parties que des générations de critiques ont fragmentées à force d'études. Que reste t il donc aujourd'hui de ce pauvre Marcel ? Son style d'une part, bien connu, un certain goût masqué pour l'autobiographie, une philosophie de l'existence, le temps, la madeleine, l'homosexualité, la mort. Un amas, palimpseste, de caractères éparpillés. Quelle difficulté de recréer une unité dans l'oeuvre de ce personnage (car il est bien plus un personnage que les hommes de ses romans).. Proust la tête en bas, attaché à pommier, pieds et poings liés : c'est l'image qui me vient lorsque je pense à lui. Mon propos ici n'est pas de l'encenser encore une fois, de parcourir ses écrits et d'entrer à nouveau dans son oeuvre. Mais de comprendre la place étrange qu'il occupe dans le paysage littéraire. Personne n'aurait donc entrevu le danger de vouloir aller toujours plus loin dans son oeuvre, ne lui laissant aucun répit, étouffant tout mystère, interprétant à volo les moindres détails ? Peut être est ce pour cela que je n'ai jamais vraiment été transporté par la Recherche. Peut être est ce surtout que je cherche des responsables à mon manque d'intérêt pour elle. Parce que oui, j'ose le dire : Proust ce n'est pas ma tasse de thé.  Un je ne sais quoi presque insensible qui me repousse. Je ne suis pas émue, ses réflexions philosophiques ne m'inspirent pas. Je frôle l'indigestion. J'étouffe.  De l'air. Dois je maintenant m'exiler au fin fond de l'Afrique pour avoir osé prononcer ces paroles mortifères ? Fuir cette horde d'universitaires menaçant de m'assommer à coup de pléiades ? Manquerais je de goût ? Finissons en avec ces figures mortifiantes, ces écrivains qui nous forcent à l'admiration, nous faisant sentir à quel point nous sommes faibles face à eux, ces génies. Si Dieu est mort, Proust peut bien rester dans sa tombe.

Sans rancune je vous donne le célèbre questionnaire de Proust dans la prochaine note.

14.06.2007

La fin

Enfin nous y sommes (depuis un petit moment tout de même hein) c'est la fin de l'année, la fin des cours, la fin de l'horrrreur, la fin de tout, la mort. Alors voilà. Tout a commencé il y a deux ans. Pour les profanes je vous assure que deux ans de prépa ça ressemble disons à une bonne tartine de merde. Oui parce que voilà , hein, j'ai eu la bonne idée d'aller en prépa. Littéraire, nous on aime bien les livres. C'est sympa. Alors bref on va passer vite fait sur l'année dernière parce que grosso merdo ça c'est bien passé. Et les gens heureux n'ont pas d'histoire. Mais la khagne c'est une autre affaire. Primo : le programme que ces trouffions nous ont imposés. Bon j'explique un peu au cas ou. Quand t'es en khagne et bien tu dois passer Normal Sup à la fin de l'année. Dans le but de l'avoir hein, c'est pas juste pour le plaisir. Surtout que de se bouger tous les matins pendant une semaine pour aller poser son cul dans un hangar à Saint Denis pour plancher pendant 5 heures sur "La culture est elle une seconde nature", vous imaginez bien que c'est le top délire, écroulé de rire par terre, je me fends la poire. Enfin ne grillons pas les étapes. Parce que le principe de Normal Sup c'est que personne ne l'a. Nan Nan. Personne. Si vous en connaissez des normaliens, et ben c'est qu'ils vous ont menti. Ca ressemble un peu à une secte. Alors moi pas gourdasse, je m'en sors pas mal en cours, même bien bien, mais je sais clairement que Normal Sup je l'aurais pas. Mais je le vis bien, no problème. Seulement les boules de courir un an après un truc qu'on aura pas. Difficile de courir dans le vide. Alors je reviens au programme, parce qu'à Normal Sup y a un programme imposé qui change tous les ans. En géo (oui on n'aime pas que les livres) : Ville et pauvreté. Top fun. Grosse marrade. Un an a étudier la vie des SDF et les bidonvilles en Afrique du Sud : soit tu deviens dépressif soit cynique et là tu peut virer au carrément déplacé, genre les pauvres nous font chier, et ça je vous garantis qu'a Normal Sup ils kiffent pas ça. En lettre : Ronsard (et puis 4 autres bouquins mais je fatigue là ), Les amours. Alors le vieux français moi bah j'aime pas. Et puis le Ronsard il aime Cassandre. Jusque là tout va bien. Mais Cassandre elle, elle l'aime pas. La les emmerdes commencent. Se la tapera ? Se la tapera pas la Cassandre ? Alors tu lis quand même hein, tu veux savoir. 220 sonnets mon coco, faut se les enfiler. Et puis tu sais quoi ? A la fin on sait toujours pas s'il l'a piné. En plus le Ronsard il était un peu moine sur les bords . Ca n'arrange pas nos affaires. Bref.

Tout ça pour vous dire que la Khagne n'est pas une mince affaire.

Alors on se dit qu'on sera super content quand on aura fini.

Certes. Mais c'est les boulles aussi. La prépa ça prend toute ta vie. Tout ton temps. Ma principal activié extérieure fut d'avoir un mec. Vous me direz c'est déjà pas mal.

Mais quand t'as plus ta prépa, t'as quoi ?

That is the question. Alors me voila bien contente, et puis moyen contente aussi, parce que moi je suis quand même un peu nostalgique de ma prépa, le goût de l'effort tout ça... Je sais pas ce que je veux hein ? bah oui, enfin non, voilà c'est ça : oui et non.